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Guerre juste et droit des gens moderne


La période moderne serait le moment du passage de la théorie de la guerre juste à celle, objectivée et salvatrice, de la guerre questionnée dans ses formes et dans sa régularité, avec des limitations strictes de la violence.

Le droit des gens moderne est présenté d’habitude comme une mise en forme juridique de ce qui jusqu’alors, dans la théorie de la guerre juste médiévale (de saint Augustin à saint Thomas) apparaissait comme une réflexion sur le péché, comme une théorie morale. La période moderne serait ainsi le moment charnière du passage des théories de la guerre juste à celui, objectivé et salvateur, de la guerre questionnée dans ses formes, dans sa régularité, avec les limitations strictes de la violence que cela induit.

Comment le droit des gens prend-il forme autour de cette ambition, et jusqu’où peut-on considérer qu’il s’agit là d’un mouvement unitaire et proprement moderne ? Qu’advient-il de la justice de la guerre lorsqu’elle se confronte à sa formalisation juridique ? Dans quelle mesure l’approche plus formelle qui se dessine ouvre-t-elle à des possibilités nouvelles de régulation du conflit ? Les textes rassemblés dans ce livre de philosophie politique tentent de répondre à ces différentes questions.

EXTRAIT

Dès Vitoria, une rupture commencerait à se dessiner dans la représentation de la guerre par le fait que les limites de celle-ci tendraient désormais à s’émanciper de la prise en considération de l’intention des acteurs, qu’il s’agisse du souverain ou du combattant. Les limites en question pourraient désormais être envisagées de manière plus objective en donnant lieu, entre autres, à une prépondérance du ius in bello en lieu et place d’un questionnement centré auparavant sur des questions relevant du ius ad bellum. Comme le relaye avec force, et parfois grossièrement, l’ensemble des analyses de Carl Schmitt, la guerre moderne sera ensuite considérée, d’une part, depuis sa différence par rapport aux autres formes plus haineuses d’inimitiés (entre autres la guerre privée) et, d’autre part, en renonçant à un questionnement de type moral ou théologique directement centré sur la cause et les intentions de la guerre – avec l’inégalité qui prévaut de la sorte entre les ennemis –, pour déplacer le centre de gravité de la question de la juste cause vers la notion du justus hostis, à savoir l’Etat souverain considéré dans son égalité, en passant ainsi d’un concept de guerre discriminatoire à un concept de guerre non discriminatoire. Le but de ce volume est de « mettre à l’épreuve » cette représentation du droit des gens moderne telle qu’elle s’est entre autres imposée avec Carl Schmitt et à sa suite. Mettre à l’épreuve signifiant ici à la fois en montrer l’incontestable fertilité pour comprendre l’idée même d’un droit des gens spécifiquement moderne, mais aussi montrer les limites, les réductions, les partages qu’une telle contruction de la modernité présuppose ou impose.

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Fiche détaillée de “Guerre juste et droit des gens moderne”

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Résumé

La période moderne serait le moment du passage de la théorie de la guerre juste à celle, objectivée et salvatrice, de la guerre questionnée dans ses formes et dans sa régularité, avec des limitations strictes de la violence.

Le droit des gens moderne est présenté d’habitude comme une mise en forme juridique de ce qui jusqu’alors, dans la théorie de la guerre juste médiévale (de saint Augustin à saint Thomas) apparaissait comme une réflexion sur le péché, comme une théorie morale. La période moderne serait ainsi le moment charnière du passage des théories de la guerre juste à celui, objectivé et salvateur, de la guerre questionnée dans ses formes, dans sa régularité, avec les limitations strictes de la violence que cela induit.

Comment le droit des gens prend-il forme autour de cette ambition, et jusqu’où peut-on considérer qu’il s’agit là d’un mouvement unitaire et proprement moderne ? Qu’advient-il de la justice de la guerre lorsqu’elle se confronte à sa formalisation juridique ? Dans quelle mesure l’approche plus formelle qui se dessine ouvre-t-elle à des possibilités nouvelles de régulation du conflit ? Les textes rassemblés dans ce livre de philosophie politique tentent de répondre à ces différentes questions.

EXTRAIT

Dès Vitoria, une rupture commencerait à se dessiner dans la représentation de la guerre par le fait que les limites de celle-ci tendraient désormais à s’émanciper de la prise en considération de l’intention des acteurs, qu’il s’agisse du souverain ou du combattant. Les limites en question pourraient désormais être envisagées de manière plus objective en donnant lieu, entre autres, à une prépondérance du ius in bello en lieu et place d’un questionnement centré auparavant sur des questions relevant du ius ad bellum. Comme le relaye avec force, et parfois grossièrement, l’ensemble des analyses de Carl Schmitt, la guerre moderne sera ensuite considérée, d’une part, depuis sa différence par rapport aux autres formes plus haineuses d’inimitiés (entre autres la guerre privée) et, d’autre part, en renonçant à un questionnement de type moral ou théologique directement centré sur la cause et les intentions de la guerre – avec l’inégalité qui prévaut de la sorte entre les ennemis –, pour déplacer le centre de gravité de la question de la juste cause vers la notion du justus hostis, à savoir l’Etat souverain considéré dans son égalité, en passant ainsi d’un concept de guerre discriminatoire à un concept de guerre non discriminatoire. Le but de ce volume est de « mettre à l’épreuve » cette représentation du droit des gens moderne telle qu’elle s’est entre autres imposée avec Carl Schmitt et à sa suite. Mettre à l’épreuve signifiant ici à la fois en montrer l’incontestable fertilité pour comprendre l’idée même d’un droit des gens spécifiquement moderne, mais aussi montrer les limites, les réductions, les partages qu’une telle contruction de la modernité présuppose ou impose.

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