Votre compte

La folie dans la littérature médiévale


La folie, au Moyen Âge, n'est pas considérée comme une aliénation mentale ; elle est liée à des dysfonctionnements du corps et/ou de l'âme. Dans les textes littéraires, elle n'est qu'un moment dans la vie du héros, à l'exception des fous natureus et des fous du roi, et dans un premier temps, les représentations du fou et de la folie peuvent apparaître comme convenues parce qu'elles se rattachent à des héritages connus et qu'elles se conforment à une certaine topique ; mais l'étude des œuvres montre, qu'en fait, elles sont riches de nuances qui leur confèrent une complexité signifiante. Les origines de la folie, ou ce qui est considéré comme tel, sont diverses. Les seuls personnages à sombrer réellement dans la démence sont ceux qui croient avoir perdu l'amour de la femme aimée. La folie relève aussi des discours religieux et didactique ; le pécheur, le fou en Christ ou le pénitent contraint de jouer la folie sont alors des figures de fous aux yeux de la société qui considère encore ceux qui ne respectent plus les valeurs de la féodalité comme des fous : chevalier desreez, fol despenseur ou rois oublieux de leur fonction sont ainsi stigmatisés. Enfin, la folie ne s'exprime pas seulement par des actes, elle est également paroles déréglées : celles des prophètes, des fous de cour, des poètes aux marges du non-sens. Si les formes de folies sont multiples, si leurs senefiance ne le sont pas moins, leurs écritures présentent aussi des caractéristiques originales selon les genres adoptés : romans en vers ou en prose, récits brefs, jeux, poésies lyriques ou dites. Étudier les représentations de la folie dans la littérature médiévale permet de mieux cerner les enjeux des formes d'écriture contemporaines. Dans tous les textes, et quelle que soit la nature de la folie, sa peinture dans la littérature vernaculaire des xiie, xiiie et xive siècles se caractérise par une exceptionnelle richesse polyphonique ; loin d'être un temps de vacuité, la folie est un moment de vérité et le fou comme les représentations de la folie révèlent les lignes de faîte et les évolutions de la pensée et des mentalités au cours du Moyen Âge occidental.

Ce livre est classé dans les catégories :

11,99 €
Vérifier la compatibilité de vos supports

Vous aimerez aussi

Fiche détaillée de “La folie dans la littérature médiévale”

Fiche technique

Résumé

La folie, au Moyen Âge, n'est pas considérée comme une aliénation mentale ; elle est liée à des dysfonctionnements du corps et/ou de l'âme. Dans les textes littéraires, elle n'est qu'un moment dans la vie du héros, à l'exception des fous natureus et des fous du roi, et dans un premier temps, les représentations du fou et de la folie peuvent apparaître comme convenues parce qu'elles se rattachent à des héritages connus et qu'elles se conforment à une certaine topique ; mais l'étude des œuvres montre, qu'en fait, elles sont riches de nuances qui leur confèrent une complexité signifiante. Les origines de la folie, ou ce qui est considéré comme tel, sont diverses. Les seuls personnages à sombrer réellement dans la démence sont ceux qui croient avoir perdu l'amour de la femme aimée. La folie relève aussi des discours religieux et didactique ; le pécheur, le fou en Christ ou le pénitent contraint de jouer la folie sont alors des figures de fous aux yeux de la société qui considère encore ceux qui ne respectent plus les valeurs de la féodalité comme des fous : chevalier desreez, fol despenseur ou rois oublieux de leur fonction sont ainsi stigmatisés. Enfin, la folie ne s'exprime pas seulement par des actes, elle est également paroles déréglées : celles des prophètes, des fous de cour, des poètes aux marges du non-sens. Si les formes de folies sont multiples, si leurs senefiance ne le sont pas moins, leurs écritures présentent aussi des caractéristiques originales selon les genres adoptés : romans en vers ou en prose, récits brefs, jeux, poésies lyriques ou dites. Étudier les représentations de la folie dans la littérature médiévale permet de mieux cerner les enjeux des formes d'écriture contemporaines. Dans tous les textes, et quelle que soit la nature de la folie, sa peinture dans la littérature vernaculaire des xiie, xiiie et xive siècles se caractérise par une exceptionnelle richesse polyphonique ; loin d'être un temps de vacuité, la folie est un moment de vérité et le fou comme les représentations de la folie révèlent les lignes de faîte et les évolutions de la pensée et des mentalités au cours du Moyen Âge occidental.

Biographie d’Huguette Legros

Avis des internautes


Aucun commentaire n'a été posté sur ce livre.

Ajouter votre commentaire