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La subjectivité et la gestion


Issu du milieu artistique, je n’avais pas fait un lien explicite entre la gestion et l’art comme mode de recherche, de connaissance et d’action. Former des artistes à un métier de créateur ou d’interprète et former des chercheurs à l’analyse des diverses disciplines artistiques sont deux choses très différentes. Les conservatoires préparent des gens à faire carrière dans l’exercice d’un art. La sélection est capitale dès l’admission. Donner des connaissances sur l’art à quelqu’un qui n’a pas l’étoffe d’un artiste ne va pas le « convertir », même s’il parvenait à réussir haut la main les examens portant sur ses connaissances théoriques. Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus ; et le marché est impitoyable. _x000D_ _x000D_ De même, avoir des connaissances sur l’action et la gestion peut ne pas déboucher sur la capacité d’agir et de gérer, sur l’intelligence dans l’action. Avoir la « tête bien pleine », pour reprendre l’expression de Montaigne, ne garantit aucunement qu’on ait une tête bien faite pour créer, agir ou gérer efficacement. Gérer est difficile et complexe. Là aussi, la sélection est primordiale. _x000D_ _x000D_ Dans une école de gestion, ce « conservatoire de gestionnaires », la cohabitation entre la pratique de l’art et la recherche sur l’art ne peut faire autrement que conduire à des tensions. Former à agir est une mission très difficile, impossible presque, au cours de laquelle on ne peut mésestimer l’importance de la subjectivité, même si l’objectivité demeure essentielle à la prise de décision. Car diriger est une pratique, pas une science._x000D_

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Résumé

Issu du milieu artistique, je n’avais pas fait un lien explicite entre la gestion et l’art comme mode de recherche, de connaissance et d’action. Former des artistes à un métier de créateur ou d’interprète et former des chercheurs à l’analyse des diverses disciplines artistiques sont deux choses très différentes. Les conservatoires préparent des gens à faire carrière dans l’exercice d’un art. La sélection est capitale dès l’admission. Donner des connaissances sur l’art à quelqu’un qui n’a pas l’étoffe d’un artiste ne va pas le « convertir », même s’il parvenait à réussir haut la main les examens portant sur ses connaissances théoriques. Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus ; et le marché est impitoyable. _x000D_ _x000D_ De même, avoir des connaissances sur l’action et la gestion peut ne pas déboucher sur la capacité d’agir et de gérer, sur l’intelligence dans l’action. Avoir la « tête bien pleine », pour reprendre l’expression de Montaigne, ne garantit aucunement qu’on ait une tête bien faite pour créer, agir ou gérer efficacement. Gérer est difficile et complexe. Là aussi, la sélection est primordiale. _x000D_ _x000D_ Dans une école de gestion, ce « conservatoire de gestionnaires », la cohabitation entre la pratique de l’art et la recherche sur l’art ne peut faire autrement que conduire à des tensions. Former à agir est une mission très difficile, impossible presque, au cours de laquelle on ne peut mésestimer l’importance de la subjectivité, même si l’objectivité demeure essentielle à la prise de décision. Car diriger est une pratique, pas une science._x000D_

Biographie de Laurent Lapierre

Le professeur Laurent Lapierre, Ph. D. (McGill), est titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau depuis sa fondation en 2001. Partisan convaincu de l’approche empirique, il base son enseignement et ses recherches sur la méthode des cas et le storytelling. Il anime les émissions Leaders de la chaîne Argent. Il a signé plusieurs articles et essais en gestion et produit plus de deux cents histoires de cas en leadership et management. Sa carrière est ponctuée de prix prestigieux, entre autres le prix de la pédagogie HEC Montréal, le prix 3M de reconnaissance en enseignement, le prix PricewaterhouseCoopers d’excellence en enseignement et le prix Esdras-Minville HEC Montréal. Avant d’entreprendre ses études de doctorat en gestion à McGill, il a été le premier directeur général du Théâtre du Trident. Conférencier recherché en leadership, il s’intéresse à l’industrie culturelle et à la gestion des entreprises artistiques. Il est membre de l’Ordre du Canada depuis 2007.

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