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Les maîtres du monde


"Il laissa tomber ses bagages à mes pieds. Son front était creusé de deux rides, ses cheveux trempés de sueur, mais lorsqu'il ôta pour m'embrasser ses lunettes noires, ce fut une décharge de lumière qui me saisit jusqu'à la moelle. On pourrait faire le poète, chanter le soleil après l'éclipse ou le miel de ses yeux qui me reprenait au piège, mais non : c'était fornication, baise des regards, coït express sur un quai de gare - et je bandais sous mon pantalon comme ce chiot de quatorze ans sidéré un matin, dans la galerie de Ducasse, par les larmes dorées d'un camarade à crinière rouge. Même ravagée, c'était, ça resterait ma créature fatale. Et puisque rien n'avait changé, j'ai pris ses valises, je les ai portées à la voiture."

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Fiche détaillée de “Les maîtres du monde”

Fiche technique

Résumé

"Il laissa tomber ses bagages à mes pieds. Son front était creusé de deux rides, ses cheveux trempés de sueur, mais lorsqu'il ôta pour m'embrasser ses lunettes noires, ce fut une décharge de lumière qui me saisit jusqu'à la moelle. On pourrait faire le poète, chanter le soleil après l'éclipse ou le miel de ses yeux qui me reprenait au piège, mais non : c'était fornication, baise des regards, coït express sur un quai de gare - et je bandais sous mon pantalon comme ce chiot de quatorze ans sidéré un matin, dans la galerie de Ducasse, par les larmes dorées d'un camarade à crinière rouge. Même ravagée, c'était, ça resterait ma créature fatale. Et puisque rien n'avait changé, j'ai pris ses valises, je les ai portées à la voiture."

Biographie de Gilles Leroy

Né en 1958 à Bagneux, Gilles Leroy intègre après un baccalauréat en sciences expérimentales l’hypokhâgne et la khâgne du lycée Lakanal à Sceaux. Il obtient un DEUG de lettres et arts en 1977, une licence puis une maîtrise de lettres modernes en 1979 pour un mémoire consacré à Henri Michaux. Sans goût pour l’université, il abandonne le cursus, voyage et étudie seul les littératures américaine et japonaise qui l’impressionnent. Le roman américain, surtout, devient le paradigme du roman moderne et l’incitateur à écrire. Tout en travaillant la nuit à ses premiers textes, Gilles Leroy exerce divers jobs de secours puis devient journaliste de presse écrite et audiovisuelle. Il quitte le journalisme en 1991 et quitte Paris en 1995 pour s’installer à la campagne, où il se consacre à l’écriture. Gilles Leroy publie son premier roman, Habibi, en 1987, qui sera suivi d’une dizaine d’autres, dont notamment L’Amant russe (2002), Grandir (2004) et Champsecret (2005). Il obtient le prix Goncourt en 2007 pour Alabama Song. Plusieurs de ses ouvrages comportent une dimension autobiographique (L’Amant russe, Les maîtres du monde, Les Jardins publics, etc.), allant jusqu’à l’autofiction avec Champsecret. Parmi les thèmes au centre de ses romans, on retrouve les figures d’une mère adorée et d’un père enfant, ainsi que l’homosexualité, la difficulté d’aimer, la difficulté de s’en sortir lorsqu’on naît au bas de l’échelle et, pour reprendre les mots de Fassbinder, la « difficulté de changer les choses dans ce monde ». Ses personnages gravitent dans un univers à la fois tendre et violent, dans lequel l’enfance est souvent cruelle et la critique sociale acerbe. Dans son douzième roman, Alabama Song, Gilles Leroy se glisse dans la peau de Zelda Fitzgerald et relate brillamment le destin tragique de la femme de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald en mêlant éléments biographiques et imaginaires. Lors de la remise du prix Goncourt, Bernard Pivot l’a salué comme un auteur « au style flamboyant », tandis que Françoise Chandernagor s’est déclarée enthousiasmée par sa « qualité d’écriture extraordinaire ». En janvier 2010, Gilles Leroy a publié Zola Jackson, au Mercure de France.

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