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Petite mort sortie Rambuteau


22 heures.

Rue des Petites-Écuries à trente mètres du New Morning.

La fille a été balancée dans la cour. Un sac de merde. Cinq clandestins turcs en retrait. La nuit mange le décor. Je vois ses cuisses. Son sexe inutile. La corde autour de son cou. Et Becker. Le commandant Becker. Milou dégueule ses tripes. Pédé.

— Putain, Dan, toujours la corde, bougonne Becker.

— C’est la deuxième.

— Les Turcs, là derrière, ont interrompu la fiesta.

— On peut choper des empreintes...

— S’il est fiché, bingo. Sinon, il s’en fait une troisième.

— Elle est Turque ?

— Tunisienne d’après ses papiers. C’est un fan du Maghreb. Bon alors, il arrive ce labo à la con !

Il gueule un peu trop fort. L’émotion. Ce fumier aurait un coeur : on n’arrête pas le progrès.

Chuchotements dans les étages.

L’odeur de pisse.

Les cuisses griffées.

Milou. Ses bonbons à la menthe.

Une Marlboro à la bouche.

Tuée ici ?

Panoramique. Possible. Tout est possible. Les Turcs bossent en cave. Pas de fenêtres. Les murs sont occultés. Cinq ouvertures au quatrième. Ça sent la mort. La dèche. La mort.

Et je pense à Joss.

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Fiche détaillée de “Petite mort sortie Rambuteau”

Fiche technique

  • Auteur : Marc Villard
  • Éditeur : publie.net
  • Date de parution : 24/05/12
  • EAN : 9782814503830
  • Format : Multi-format
  • Nombre de pages: 67
  • Protection : NC

Résumé

22 heures.

Rue des Petites-Écuries à trente mètres du New Morning.

La fille a été balancée dans la cour. Un sac de merde. Cinq clandestins turcs en retrait. La nuit mange le décor. Je vois ses cuisses. Son sexe inutile. La corde autour de son cou. Et Becker. Le commandant Becker. Milou dégueule ses tripes. Pédé.

— Putain, Dan, toujours la corde, bougonne Becker.

— C’est la deuxième.

— Les Turcs, là derrière, ont interrompu la fiesta.

— On peut choper des empreintes...

— S’il est fiché, bingo. Sinon, il s’en fait une troisième.

— Elle est Turque ?

— Tunisienne d’après ses papiers. C’est un fan du Maghreb. Bon alors, il arrive ce labo à la con !

Il gueule un peu trop fort. L’émotion. Ce fumier aurait un coeur : on n’arrête pas le progrès.

Chuchotements dans les étages.

L’odeur de pisse.

Les cuisses griffées.

Milou. Ses bonbons à la menthe.

Une Marlboro à la bouche.

Tuée ici ?

Panoramique. Possible. Tout est possible. Les Turcs bossent en cave. Pas de fenêtres. Les murs sont occultés. Cinq ouvertures au quatrième. Ça sent la mort. La dèche. La mort.

Et je pense à Joss.

Biographie de Marc Villard

"Je suis né le 29 juin 1947 à Versailles. J'avais dix ans quand mes parents ont déménagé à Reims et j'ai poursuivi mes modestes études en Champagne. C'est là également que j'ai commencé à jouer au football. C'est Jonquet et Penverne qui nous entrainaient. Puis retour dans une petite ville des Yvelines : les Clayes Sous Bois. Je rentre à l'Ecole Estienne après le BEPC et je potasse la gravure et la conception graphique avec Albert Flocon et André Barre. En quatrième année, j'opte pour la création graphique avec, comme point fort, la typographie. Pendant ce temps, trois guitaristes me proposent de les rejoindre comme batteur dans leur groupe de rock . Nous tournons durant trois ans dans les Yvelines en reprenant des morceaux créés par d'autres. Je joue au basket, au foot. Un peu de théâtre amateur aussi et, à 20ans, je pars effectuer mon service militaire en Allemagne, à Achern. C'est à cette époque, en 1968, que je commence à écrire de la poésie après avoir laissé choir mes velléités de peintre. Après l'armée, je travaille comme graphiste et publie en 71 mon premier recueil de poèmes qui s'intitule l'Amer. J'animerai au fil des ans plusieurs revues avec des amis poètes : Zone avec Arnaudet, Stardust avec Benoit-Jeannin, Le Grand Huit avec Messac, Kaeppelin, Labarrière et Villecrose. A cette époque, je rencontre Delbourg et Francoeur qui resteront des amis. En 74-75, Bernard Delvaille m'intègre dans son anthologie La Nouvelle Poésie Française. Durant dix ans j'écris exclusivement de la poésie, je me marie et mon fils Edouard nait en 1971. En 1980, je me remarie avec Christine et, parallèlement, me détache de la poésie pour passer à la fiction. Dans le même temps, j'écris un film pour Juliet Berto. En 1981 paraissent simultanément mon premier recueil de nouvelles, Nés pour perdre, mon premier scénario, Neige, et mon premier roman, Légitime démence, écrit en collaboration. Je commence à écrire des chroniques de rock pour le Monde de la Musique et, ceci, durant huit ans. Depuis cette époque, j'ai deux fils de plus, Romain et Antoine, des livres et des scénarios en plus également. Avec Christine, nous avons commis trois aventures littéraires tuées dans l'oeuf. En 1980, une petite maison d'édition, Hemsé, qui publie six livres. En 1996, un magazine littéraire -Ecrivain Magazine- qui connait cinq numéros (Pennac, Harrison, Charyn, Topor et Ellroy). Enfin, nous concoctons un magazine polar, Moisson Noire, dont nous publions un numéro zéro tout en quadri. Mais nous ne parvenons pas à réunir les fonds pour aller plus loin. J'ai recommencé à écrire un peu de poésie et j'ai développé ces dernières années des livres réalisés en collaboration avec des dessinateurs et des photographes ( Loustal, Hyman, Chauzy, Pinelli, Peyraud, Slocombe, Derouineau). J'ai tendance à produire des textes qui font le nombre de pages qu'ils doivent faire. Je ne suis plus du tout obsédé par la notion de roman ou de nouvelle courte. Après avoir rédigé une dizaine de scénarios, je me suis détaché de l'audiovisuel qui traite mal les créateurs à l'origine des films. Si scénario il doit y avoir, je préfère le confectionner pour la BD. J'écris également des fictions, chaque mois, dans Jazzman. J'habite toujours dans le centre de Paris car la ville m'est nécessaire, c'est ma qualité de vie."

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